Henrik Potter: Gradient ( Work Thing-Gloves), 2012. © DR/Henrik Potter.Prix Spécial du Jury
Nathalie Boutté Gaïa, 2012 cartes routières, calque
Nadège Dauvergne, Fanny, 2012
Laure Ledoux, Sans titre #1, 2010 photographie
Le titre volontairement ambivalent choisi par l'école invitée cette année : l'Université Paris I Panthéon La Sorbonne même s'il reflète un certain art du temps "Blank" pour le vide, le flou mais aussi le champ des possibles. C'est bien là l'un des atouts de ce Salon de Montrouge qui s'est forgé une place de choix dans la scène contemporaine à travers le travail constant de Stéphane Corréard (pas moins de 2250 candidatures sont passées entre ses mains) et son Collège critique, autre particularité de la manifestation. Donner les mêmes chances à tous et accompagner les artistes sélectionnés jusqu'au bout, comme me l'explique plus tard Léa Bismuth critique d'art à Art Press lors d'un témoignage aux Beaux Arts. Un Jury présidé cette année par le flamand Jan Hoet (Chief-Curator de la documenta de Cassel en 1992 et directeur honoraire du Stedelijk Museum voor Actuele Kunst de Gand) décerne alors trois prix : le Grand prix du Salon, cette année Maxime Chanson, le prix du Conseil Général des Hauts de Seine Eponine Momenceau et le prix spécial du Jury Henrik Potter ; les trois lauréats bénéficiant alors d'une exposition personnelle au Palais de Tokyo l'hiver suivant. Etonnant que la démarche assez théoricienne de Maxime Chanson prime ; l'art mode d'emploi façon Pérec quant à la video d'Eponime je la trouve très subtile ; un quotidien celui des trajets dans les transports sublimé. Henrik Potter lui se focalise sur le précaire revendiquant un "Yes/no state" non résolu. Mis à part Pierre Laniau et ses affiches qui nous rappellent l'actualité de la Présidentielle de circonstance peu d'artistes sont dans la veine purement sociétale contrairement à une certaine tradition française. Mais il faut dire que le Salon s'est beaucoup internationalisé avec notamment sa déclinaison européenne : le réseau Jeune création européenne. Accueillie par le cochon de Romain Trinquand, couleur malabar burlesque et émouvant j'ai la chance de rencontrer Olivier Terral qui a réalisé son travail d'empreintes digitales avec des patients de l'hôpital de Clichy la Garenne atteints de cancer, juste et digne. Ce sont surtout les videos qui retiennent mon attention avec notamment le travail de Léandre Bernard-Brunel "d'après Watteau"sorte de paysage ventriloque habité et Lydie Delahaye (ruines de Pompéi réinterprétées). Epaisseur sensuelle et palpable chez Anne-Lise Seusse "le Mont-Royal" tandis qu'Armand Morin manipule l'image et l'histoire avec "Opa-Locka will be beautiful". Même si la scénographie signée une fois encore Matali Crasset (elle même devenue collectionneuse) tente d'apporter plus de lisibilité, le nouveau lieu restauré (somptueux Beffroi) n'apporte pas le même esprit ressenti à l'ancienne Fabrique et surtout les propositions souffrent d'un manque d'espace évident. A l'étage hormis le mur de chattes (excusez le terme mais c'est bien d'organes qu'il s'agit !) de Pavel Cazenove qui donne la nausée, la section de l'université Paris I à partir de l'oeuvre de Léo Coquet "I belong to blank generation" révèle de belles surprises. Karine Lhémon nous parle d'anormalité et de handicap avec une série de photographies "Marine et Aziz" aux tonalités bibliques, alors que Julien Toulze déroule ses simulacres d'artefacts et Paul Lamotte ses nébuleuses de rouille. Enfin si après tout cela, vous avez besoin reprendre votre souffle vous pouvez participer à l'expérience proposée par Filomena Borecka avec plasticiens, sociologues et sophrologues et laisser un peu de votre carbone 14. Heureusement pour la redescente dans l'escalier monumental les toiles de Joüy revisitées par Claire Trotignon apportent un peu de fraîcheur et de douceur mais gare aux apparences !...A suivre pour que sont-ils devenus.
Infos pratiques :
57è Salon de Montrouge
du 3 au 30 mai 2012
2, place Emile Cresp 92120 Montrouge Proche de l’Hôtel de Ville (Métro Porte d'Orléans puis 10 mns à pied)
www.salondemontrouge.fr





Chère Me.Delafresnaye,
RépondreSupprimerC'est très gentil d'avoir monté les marches du monumental escalier pour chroniquer notre travail. Je dois reconnaître que l'emplacement des cartels et les choix scénographiques de cette édition 2012 du salon de montrouge sont tout à fait discutables. Ceci-dit, je voudrais simplement souligner que le nom de Sylvain Azam est relié a une série de tableaux abstraits qui n'ont que peu à voir avec le mur d'organes dont vous parlez. Ceux-ci sont me semble-t-il sobres et originaux, en aucun cas nauséeux. Je vous serais grès de rétablir ce malentendu en attribuant à Pavel Cazenove ce matériel pornographique.
Bien à vous,
Sylvain
merci de vos éclairages et pardonnez ma confusion !
SupprimerEffectivement, l’œuvre de Pavel Cazenove (très belle et très forte) a été regardée comme a été lu le cartel... c'est dire!
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